Partir un jour : le premier joyau brut du French Film Festival 2026
- Olivier Vojetta
- il y a 7 jours
- 2 min de lecture

Partir un jour.
Un film de la nostalgie, qui avait ouvert le Festival de Cannes l’année dernière. Dans les toilettes du Palace Moore Park, à Sydney, après la projection, les discussions allaient bon train sur la note que devrait avoir ce film. 8,5 sur 10 serait la mienne, provoquant une vague d’incompréhension au moment de se laver les mains, au-dessus du lavabo.
Mes goûts cinématographiques sont plus que questionable, je le sais. Mon film préféré de tous les temps est Le Grand Bleu — c’est dire. J’ai aimé Le Guépard de Visconti, mais je lui préfère L’Amour ouf ; qu’est-ce que j’y peux. J’ai aimé Juste la fin du monde, avec le regretté Gaspard Ulliel, mais je place Partir un jour au même niveau. La nostalgie, ici, c’est désirer revivre une idylle qui n’a jamais existé dans des lieux familiers — ceux de l’enfance, de l’adolescence ; une histoire qui, de fait, n’existera jamais puisqu’elle appartient au passé. Voler au passé un baiser sur une patinoire de quartier, c’est le romantisme par excellence, et comme je suis un romantique, j’ai aimé Partir un jour.
On me dit, au-dessus du lavabo, que Juliette Armanet a fait exprès de chanter faux pour les besoins du film. Pour moi, elle chante juste, à l’unisson des personnages — tous imparfaits — à l’image de la vie que l’on mène. Et puis ce film raconte le cas classique du retour d’une « star » dans son village natal, dans un environnement désormais renié, parfois méprisé. Juliette Armanet, devenue reine de la cuisine à Paris, revient au relais routier de son père, victime d’une troisième crise cardiaque.
Revenir en héros après être parti, après avoir conquis une ou deux étoiles. Le retour est ouvert à tous, le départ aussi. C’est peut-être là que tout se joue : entre ceux qui restent et ceux qui partent. Il est plus difficile de devenir un transfuge de classe quand on ne part pas… Et c’est peut-être le miroir que tend ce film — à ceux qui sont partis comme à ceux qui ne sont pas partis — qui crée un tel clivage dans les notes qu’on lui attribue. Je persiste et signe avec un 8,5 sur 10. Le miroir tendu me rappelle la modestie de mon environnement natal, d’où je suis parti, mais où je reviens avec un plaisir intact chaque fois que je le peux. Le meilleur des mondes : la paix avec son passé et la foi en l’avenir, riche de tout ce qui nous a faits et de tout ce qui nous attend.
Partir un jour.
À voir absolument lorsque l’Alliance Française French Film Festival ouvre ses portes, à partir du 3 mars, au State Theatre. Billets en vente pour le red carpet event dès demain, vendredi.



Commentaires