L’homme est l’être qui ne peut sortir de soi



Le démon de la colline aux loups, un texte singulier, âpre, difficile à lire, avec des scènes insoutenables, tout en animalité, mais en même temps fort humaines. Écrit en un mois avant le début d’un procès pour inceste, ce livre traite de la peur et du danger, de violences et d’instinct de survie. C’est le point de vue de la victime qui nous est offert, Duke, cet être enfermé en prison, coupable d’arracher des oreilles avant de les recracher tel un noyau que l’on a depuis trop longtemps dans la bouche, d’arracher des yeux avant de les jeter en guise de croquettes aux chiens du coin, de fracasser la tête d’un blond comme l’a fait cet autre animal fou joué par Brad Pitt dans Fight Club. Mais quand on se comporte comme un animal, c’est que l’on veut encore survivre. Malgré les difficultés insurmontables, en dépit du mal que cela peut faire. Exister même si. Et puis si un jour l’animalité même s’en va, alors il ne reste parfois plus rien du tout. Ou en tout cas plus rien d’autre qu’une sourde et profonde solitude qui nous susurre à l’oreille la plus belle et la plus terrible chose à qui il soit encore donné d’exister : la vérité dite d’une vie.

O. V.




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