Je suis Joker


Très dans l'air du temps, tout à la fois paradoxal et tragique, réaliste et esthétique, Joker est l’un des meilleurs films que j'ai vus ces dernières années. Bien au-delà d’être une simple critique de la société telle que nous la connaissons, Joker, c’est la petite voix du passé qui ne cesse de parler à l’intérieur de nous, ce flot de pensées qui va et vient dans notre tête, au milieu de bourdonnements infinis. C’est la petit voix du réel qui se rappelle à nous lorsque l’on s’y attend le moins, de façon mystérieuse, souterraine. C’est cette voix intime et libre qui nous demande, comme Bourdieu avant elle : “Pourquoi y a-t-il si peu de révolte dans un monde si violent ?”. Une voix d’enfant, la petite voix de la douleur, celle que l’on utilise face à la souffrance d’un innocent. Au final, Joker, c’est tout ça, le ramassis de toutes ces intersections où l’on croit encore avoir le choix, et où, en fin de compte, la vie décide à notre place.

“Nous naissons tous fous. Quelques-uns le demeurent.” Samuel Beckett, En attendant Godot. ♦


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