Le perchoir du chat


Je revenais de ma sortie longue du week-end, les endorphines jouaient bien leur rôle. J’étais euphorique, pour ne pas dire heureux. Je marchais, je regardais. Cette maison, puis telle autre. Un chat, un lion. Stop. Quelque chose de bizarre, je ne savais pas comment l’expliquer. Je regardais l’un puis retournais voir l’autre, un peu plus haut. Tous deux me posaient la même question. “Que peut-on bien vouloir quand on est tout en haut ?” Au milieu de leur visage, une de ces blessures qui imposent le silence, seule réponse possible. Un miroir aux interstices de la réalité. Sombre espoir, promesse insensée. Le mouvement de bascule qui m’agitait me berçait. Je me suis balancé un moment avant de reprendre mon chemin. Marcher, regarder. Coup de klaxon, vrombissement de moteur. Stop. J’ai levé la tête, regardé le ciel. Une jambe devant l’autre, je me suis mis à dévaler la rue. L’oreille coupée. Van Gogh. Je cours et je brûle. La magie existe vraiment, Vincent Ravalec a raison. Le monde est plus mystérieux qu’il en a l’air, il faut croire aux choses impossibles. Le lion était là, sur le perchoir. Impassible et magistral. Mais vulnérable, tout près du gouffre. Un peu plus bas, le chat avait disparu. Tout comme son nez en porte pinceau.

O.V.

« … il est le chat qui s’en va tout seul et tous lieux se valent pour lui. Alors, il s’en va par les chemins mouillés du bois sauvage, sous les arbres, et sur les toits. Remuant la queue, et tout seul. »

Rudyard Kipling, Le Chat qui s’en va tout seul.


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