Zadig & Voltaire dans le métro


Dans la Northern Line, direction Camden Town, deux jeunes filles françaises discutent. Jupe serrée pour l’une, robe tunique pour l’autre.

« Avec lui, on va aller au top, dit l’une.

— N’idéalise pas trop non plus, dit l’autre.

— Oui mais notre relation n’a jamais été comme la tienne, ça a toujours été bien. Sauf la fois où il m’a trompée. Ça, c’était notre dip. Et puis après il a fait des efforts pour que l’on se remette ensemble. Donc quelque part ça nous a rendus plus fort.

— Tu aimerais bien qu’il vienne à Londres ?

— Je sais pas. Il va partir en Erasmus, et après il sera plus mature. Et ensuite on pourra vivre ensemble à Londres. Là, il vit encore à la maison, il faut attendre qu’il s’élève. Là, s’il vient, il connaît personne, il faudrait que je m’occupe de lui. Il serait trop dépendant de moi.

— Parce que c’est quelqu’un qui prend pas l’initiative c’est ça ?

— Oui exactement. J’en ai parlé à ma mère. Elle m’a dit qu’elle pourrait pas vivre avec quelqu’un comme ça. Mais lui et moi, on est fait l’un pour l’autre. On va aller au top tous les deux... »

Le bruit de la rame de métro qui s’immobilise couvre alors leurs voix, je n’entends plus. Toutes deux se lèvent, un sac Zadig & Voltaire à la main.

Londres, août 2018.


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