Initier un projet de roman : partir sur de bonnes bases !


Personne ne suit jamais les conseils qu’il donne ou qu’il reçoit. J’espère toutefois que vous trouverez quelques mérites à ceux qui suivent. Ils ne sont pas de moi, du moins pas entièrement. Ils sont le fruit d’une réflexion collective menée de façon parfois très intense, dans un sous-sol parisien, du 16 au 20 juillet 2018. Cette semaine-là, l’école d’écriture Les Mots organisait un stage intitulé « Initier un projet de roman : partir sur de bonnes bases ! », animé par Frédéric Ciriez.

Dans l’ordre…

Un. Décider de son audience dès le début : on n’écrit pas une saga familiale destinée à ses proches de la même façon qu’un roman SM pour des inconnus !

Deux. Bien choisir son sujet : il en faut un suffisamment fort et important pour que l’on souhaite s’extraire de la vie et lui consacrer beaucoup de temps.

Trois. Avoir une idée de la taille du livre : est-ce une nouvelle, une novella, un roman qui a un peu de coffre (~300 pages), une brique (plus de 500) ?

Quatre. Accumuler suffisamment de matière avant de définir la structure détaillée d’un livre, sa courbe narrative. Il n’existe pas de solutions toutes faites. Il faut parfois savoir avancer à tâtons !

Cinq. Avoir une routine d’écriture, se créer des plages libres pour pouvoir avancer (dans mon cas, c’est la nuit, quand tout le monde est couché).

Six. Écrire beaucoup et rapidement. Il ne faut pas avoir peur de l’écriture elle-même, du geste d’écrire. L’écriture, c’est un mouvement.

Sept. Trouver sa “voix”, sa singularité. Si vous essayez de faire du Houellebecq, ça risque d’être moins bien. Faire de ses défauts une force unique.

Huit. Ne pas se corriger trop tôt. Il est plus facile de rendre parfait un livre fini que de le coucher sur le papier...

Neuf. Pour être soi-même pris dans l’histoire, saturer le texte d’effets de réel, afin d’être à la surface des sens. Il faut arrêter la narration, il faut des voix.

Dix. Ne pas donner toutes les clés de lecture... le lecteur doit faire au moins la moitié du chemin. Il faut le faire travailler pour qu’il soit pleinement satisfait.

Onze. Lire, beaucoup. Démonter les textes, désassembler des fictions, avant de les reconstruire, pour comprendre ce qui marche, ce qui ne marche pas.

Douze. Écrire en creux. Suggérer plutôt qu’expliquer. Créer des brèches, des zones de non-dit.

Treize. Enlever, densifier, dégraisser, encore et encore, élaguer à n’en plus finir.

Quatorze. Choisir un titre simple, qui saura prendre toute sa force et sa beauté une fois le livre lu.

Quinze. Demander l’avis de quelques personnes seulement, bienveillantes mais exigeantes, capables de donner un avis objectif. Eviter les proches...

Seize. Savoir accepter les conseils, et aussi savoir les refuser ! Un livre est très personnel, le fruit d’un travail solitaire, singulier.

Dix-sept. Vendre son livre : séduire les libraires, surtout les indépendants.

Dix-huit. Protéger ses royalties : faire revoir son contrat d’auteur par un juriste de la SACD avant de signer.

Dix-neuf. Ne pas avoir peur de tout recommencer. Les livres vendus à la FNAC sont des produits finis ayant subi de multiples itérations. Refaire, encore et encore.

Vingt. S’améliorer : faire le diplôme de création littéraire de Paris 8, écouter le podcast « Nouvelle école », lire le blog « En attendant Nadeau »…

Vingt-et-un. Passer à autre chose si votre livre est refusé. Il y a tellement d’histoires qui n’attendent qu’une chose : être écrites !

Bon courage et bonne chance !

Amicalement,

O.V.


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