L’UNIVERS

Quel genre d’écrivain êtes-vous ?



Plutôt du genre engagé et curieux. Une vie, ça s’engage, ça doit servir à attaquer ce qui vous indigne, à louer ce que vous admirez, ça doit provoquer un débat. Et c’est ma soif de découverte, d’aventure et de savoir qui me donne envie d’inventer des histoires et de les écrire. Le savoir et la découverte de nouvelles choses rendent toujours la vie encore plus gaie en ce qui me concerne.




À vos débuts, vous avez pendant un temps écrit sous pseudonyme. Pourquoi ?


J’ai écrit sous le pseudonyme de Lawrence Tajevot, simplement dans un souci de discrétion et de totale liberté, car je voulais être libre d’écrire ce que je voulais comme je le voulais, sans me soucier de ce que les entreprises qui m’employaient pouvaient penser. Aujourd’hui, les choses ont changé, je n’ai plus ce problème…




Quels étaient vos objectifs en vous installant en Australie ?


La soif de savoir. Le savoir et la découverte de nouvelles choses. Quand on y réfléchit bien, c’est quand même une chance inouïe que de pouvoir commencer une nouvelle vie à 35 ans, c’est comme une deuxième naissance et c’est ce que j’ai ressenti dès le premier jour où je suis arrivé à Sydney. En venant en Australie, j’ai aussi choisi la liberté. La liberté que donne les grands espaces naturels mais aussi l’éloignement. Venir ici, c’est un peu se retirer pour pouvoir mieux renaître et pouvoir se retrouver hors de soi, hors de ses origines, de ses modes de pensées. La distance blesse sans aucun doute, mais elle libère également.




D'où vous viennent vos idées de romans ? Qu’est-ce qui vous inspire en tant qu’écrivain ?


La nature et la liberté. Et c’est pour cela que l’écriture a véritablement commencé à prendre le dessus sur tout le reste depuis que je vis à Sydney. L’Australie est un pays qui permet de vivre une véritable liberté d’aventures. Les paysages sont magnifiques, on ressent vraiment la toute-puissance de la nature et c’est ça qui me libère vraiment au final. La nature Australienne rend humble je trouve, on est si petit en comparaison.




Écrivez-vous aussi en anglais ?


Oui en effet. J’ai toujours aimé écrire, être créatif, m’exprimer, pendant longtemps en Français et maintenant en Anglais, en tout cas depuis que je me suis installé en Australie. Je trouve très intéressante l’adoption d’une langue étrangère en tant que langage littéraire chez certains auteurs. L’un des plus célèbres à avoir fait ça, c’est Kundera.




Quels sont vos rituels d’écriture ?


J’écris tous les jours sans exception, c’est comme me brosser les dents, ça fait partie de ma routine quotidienne. J’écris plutôt les soirs ou pendant la nuit, quand je suis bien fatigué. La fatigue me fait me transcender et avoir des idées et prédispositions à écrire que je n’aurais sans doute pas si je me mettais à écrire sur une plage en plein soleil. Ça a sans doute à voir, aussi, avec le fait que la tranquillité règne à une heure avancée de la nuit. Tout est calme et paisible alors on nous dérange pas, le téléphone ne sonne plus, c’est la liberté totale pendant que les autres dorment.




De nombreuses maisons d’éditions publient leurs romans autant en format papier que numérique. Que pensez-vous du livre électronique ?


C’est en phase avec les nouvelles technologies et les nouvelles habitudes de lecture. Il en faut pour tous les goûts ! Personnellement, quand je peux lire ailleurs que sur un écran, je préfère…




Quels sont vos livres et auteurs préférés ?


Il y en a tellement... The Great Gatsby de Scott Fitzgerald dans les années 20, The Catcher in the Rye de JD Salinger dans les années 50 et probablement American Psycho de Bret Easton Ellis dans les années 90. Mais j’aime aussi L’Insoutenable Légèreté de l’être de Kundera. Et L’Étranger de Camus. Les Mots de Sartre.

Et puis il y a André Malraux qui est mort l’année où je suis né : 1976. Les chênes qu’on abat (sa rencontre avec De Gaulle), et ses Mémoires de guerre. J’aime le personnage d’aventurier qu’il représente et sa passion pour l’Asie du Sud-Est que j’aime aussi beaucoup. Et puis, je me considère moi-même un peu aventurier… même si je n’ai pillé aucun temple et n’ai jamais mis les pieds dans une cellule de prison.

Dans les auteurs plus récents, j’aime le ton corrosif de Houellebecq.




Une dernière pensée avant de nous laisser ?


Malraux disait « mon meilleur roman, c’est ma vie ». Je voudrais exactement la même chose, une vie bien remplie. Et je fais tout pour !




Comment êtes-vous venu à l’écriture ?


Mes parents ont divorcé lorsque j’avais 7 ans, je vivais avec ma mère et j’ai commencé à écrire dans des cahiers à chaque fois que je voyais mon père. Je notais tout ce que nous faisions, les repas qu’on mangeait, les films qu’on allait voir au cinéma. Je notais chaque moment pour m’en souvenir, mais uniquement quand j’étais chez mon père, je n’écrivais rien chez ma mère. C’est donc à ce moment-là, quand j’ai commencé à écrire dans mon journal, que j’ai attrapé la maladie de l’écriture.




Si vous deviez décrire votre univers littéraire en quelques mots, que diriez-vous ?


Passionné par les ressorts dramaturgiques du septième art, je cherche à mettre mon écriture très visuelle, presque cinématographique, au service de mes histoires. Je mets souvent en scène des personnages ayant recours à la fuite, dans le temps ou dans l’espace, pour échapper à leur passé, à la violence, à la pauvreté, et, plus souvent encore, à eux-mêmes.





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