Jetlag stories Australie

Enfants, l’Australie ne figurait pas dans nos manuels de géographie. Inconnue et mystérieuse, elle aimante le voyageur moderne. La tête en bas, il s’émerveille. Rien ne tourne dans le même sens, ni dans les esprits – bien plus polis – ni dans les rues – bien plus jolies. Mais, si le soleil semble au zénith tout là-bas en bas, une tache d’amertume s’infiltre et se propage d’une histoire à l’autre pour unir ces déracinés : le voyage est long, la famille absente, la souffrance existe même au paradis. On vient vous déloger, on vous rappelle que « tout ailleurs est un ici », que les plus beaux rêves ont une fin aussi.

 

Jetlag Stories Australie est un recueil de douze nouvelles écrites par des auteurs francophones qui ont voyagé en Australie ou s’y sont établis. Ce livre est né de l’impulsion d’un concours organisé avec nos partenaires Le Petit Journal de Melbourne et la librairie Le Forum de Perth, qui a permis de décerner le Prix de la Nouvelle Francophone à quatre lauréats en 2012.

 

La Force de Coriolis – Antoine Läng

Et si l’Australie n’existait pas – Olivia Lau *

Melbourne Comedy – Sophie Marozeau

La Vie en bleu – Olivier Vojetta

Ce Soir – Kévin Henocq *

Quatuor – Valérie Benghezal

Fitness First – Olivia Lau

La Pastèque – Georges Goulven Le Cam *

Angoisse australe – Ludovic Arfi

Des bananes à Sydney – Olivia Lau

Longue distance – Valérie Benghezal *

Bungalow californien – Yod Or

 

* Prix de la Nouvelle Francophone 2012.

Featuring award-winning short works from authors including Kévin Henocq, Olivia Lau and Olivier Vojetta, Jetlag Stories is the emerging voice of the Francophone diaspora down under.

Abbeys Bookshop​, Sydney 

Extrait

 

« Je voulais une vraie vie ; je l’ai maintenant. La nature tout autour, pas un poteau électrique à l’horizon. À l’entour de la maison, tout est violent : la mer qui bat les brisants, le soleil qui nous écrase toute l’année, la chaleur humide en été. À la télé : des mecs ultra bronzés, des filles aux seins trop gros. Ainsi peut se résumer la vie dans le nord du Queensland, en Australie, et c’est celle que je désirais vivre plus que toute autre au monde… exception faite des paparazzis qui campent devant chez moi depuis un certain temps. Et, pourtant, je n’aurais sans doute jamais été pris en photo de ma vie si Elle n’était pas venue frapper à ma porte un jour de 2013 : c’est-à-dire aujourd’hui même. Le rôle de la biologie et des choses scientifiques peut expliquer bien des choses, mais certainement pas ce qui se trame depuis qu’Elle est entrée de force dans ma vie. Au moment même où Elle a franchi le seuil de ma porte, j’ai eu cette intuition désagréable que le meilleur était derrière moi. Elle était toute bleue – normalement, un signe de mauvaise santé, mais cela ne s’appliquait nullement à Elle. Plutôt du genre dur à cuire, Elle devait résister à tous les raz-de-marée, tous les cyclones, tous les tremblements de terre. Il était clair qu’Elle ne portait pas le germe de sa fin dans sa naissance et cela signifiait que j’allais probablement l’avoir sur les bras toute ma vie. »

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