Conquêtes inutiles

On les appelle communément les golden boys, mais leur nom exact est trader. Ce sont des personnages particuliers dont la moyenne d'âge n'excède pas trente ans.  À cet âge, on commence à conforter son avenir, on se marie et on fait le premier enfant. Pas les traders. Eux ne songent qu'à une chose : gagner de l'argent. Beaucoup d'argent. Et ils y parviennent. Ils sont au centre d'un système financier qui semble avoir atteint ses limites. Les bourses internationales sont leur univers. Ils amassent des fortunes sur un coup de dés, rivés à leurs ordinateurs des journées entières. Ils ne dorment pratiquement pas, fonctionnent à coups de psychotropes, de coke, d'alcool. Ils se défoulent à coups de soirées à dix mille euros, de femmes vénales et roulent en Porsche ou en Ferrari. Léo est un de ceux-là. Son seul but : réussir, gagner, accumuler des millions pour le seul plaisir de gagner un combat dont il ne peut que sortir vainqueur. Et dépenser ses gains jusqu’à l’écœurement. Un homme dual, doté d'un cerveau faisant la part parfaite de l'affect et du calcul le plus froid. À ce jeu-là, certains évitent une fin funeste annoncée. Pas Léo. Lui, il a quelque chose qu'il ne pourra jamais avoir et qui causera sa perte : les conseils et l'amour d'un père qu'il cherchera à retrouver. Ce vide, il va le ressentir de plus en plus cruellement, à mesure que son cœur se vide de toute sensibilité. À trente ans, il aura trop vécu dans un monde d'apparences et de conquêtes inutiles. Elles seront sa perte.

Une descente dans le monde doré des traders... une belle fiction!

London Macadam

Extrait

 

Avant propos

« Il n'est d'autre cierge que ce moi qui brûle. Mon moi n'a pas de milieu, il veut pousser le plus loin possible les limites d'un destin humain. Ça n'a pas toujours été ainsi. Je me souviens vaguement avoir été un autre, autrefois.

Aujourd'hui, mon esprit divague dans un maelström où le réel s’oppose au rêve, le raisonnement pur à l'instinct et la mesure dolente du temps à l'instantanéité. Je veux que des aventures romanesques fassent soudainement irruption dans ma vie. Et j'en suis à me damner pour me fondre dans ce récit, sans pour autant devenir l’un de ses personnages, en particulier pas Léo. 

Il a les yeux de Malraux jeune, l'iris collé aux paupières, l'expression dégagée du temps et des choses, l'air absent. J’ai son physique, mais je ne ressens pas son âme. Je veux être le contraire de lui à chaque page où il se décrit. Je veux le laisser seul vivre ses folies ligne par ligne, ses envies, ses souffrances et ses paradoxes page après page. Une chose est certaine : lui, ce n'est pas moi. 

Individualiste farouche, son pire adversaire n’est autre que lui-même : un personnage amoral, victime d’une mégalomanie délirante, voire maniaque, un être multi-facettes, émargeant à dix mille livres sterling par mois, la dope et l'érotisme omniprésents, jusqu'à en savourer le goût des cendres. »

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